Honneur aux poilus

Honneur aux poilus

Les enfants de 2018 déposent des fleurs en l'honneur des poilus de 1918. Tout un symbole! A droite, le maire Didier Dupouy. photo: JLG

La cérémonie du centenaire de l'armistice de la Grande Guerre a pris une ampleur particulière avec la participation active des jeunes.

Certains enfants ont découvert le monument aux morts sur lequel sont gravés les noms de dix soldats tombés au combat. Pour un petit village comme Sarraziet, c'est beaucoup...

A l'école, les élèves (CP-CE1) d'Emilie Larriviere ont travaillé sur le thème de la paix et de la liberté. Ils ont réalisé des dessins en s'inspirant de "la colombe de la Paix" de Picasso. Ces oeuvres ont ainsi été exposées autour du monument au morts.

Un autre temps fort de la commémoration fut l'hommage rendu aux poilus (*) par la lecture d'un poème et d'une lettre d'un soldat. Par leur fraîcheur, leurs hésitations, les enfants (merci Lisa, Sarah et Alixe) ont fait passer une certaine émotion.

(*) Le surnom de poilu avait été donné par les civils. Entre eux, les soldats de la Grande Guerre s'appelaient les hommes.

Vous trouverez, ci-dessous, l'intégralité des textes émouvants consacrés aux poilus.

Dimanche 14 février 1915

Cher ami,

Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre, cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves, parsemés de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant, c'est le pays de la mort, tous ces champs sont bouleversés, piétinés, les fermes sont brûlées ou en ruine et une autre végétation est née: ce sont les petits monticules surmontés d'une croix ou simplement d'une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là. Que de fois la mort me frôle de son aile quand je galope le long des fossés ou des chemins creux pour éviter le tac-tac de leurs mitrailleuses. La nuit, j'ai couché longtemps dans un tombeau neuf, puis on a changé de cantonnement et je suis maintenant dans un trou que j'ai creusé après un talus. J'étais l'autre jour dans les tranchées. Je n'ai jamais rien vu de si horrible. Ils avaient étayé leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais avec la pluie, la terre s'éboule. Je ne te raconte que des choses que je vois, autrement je ne le croirais pas moi-même. Je compte que tu m'enverras des nouvelles de là-bas et je te quitte en t'envoyant une formidable poignée de main.

Michel TAUPIAC - Brigadier 58e régiment, 48ème batterie, 68ème secteur.

Poésie:

Mon enfant

A peine 18 ans,

Et te voilà parti...

J'ai mal en dedans,

J'ai peur pour ta vie.

Tu m'as demandé

De ne pas m'en faire.

Tu m'as même juré

Qu'elle serait courte, cette guerre.

Je crains le pire

Et je retiens mes larmes

Quand je te vois partir

Fier, avec ton arme.

Reviens mon fils, reviens

Cette guerre te tuera...

Sans toi je ne serai plus rien

Quand ta vie elle fauchera.

Fabienne BERTHOMIER